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La couleur n’est jamais seulement une couleur

Intérieur aux formes géométriques et aux couleurs vives, évoquant l’expérimentation sur la couleur dans le design.
La modernité ne s’est pas toujours écrite en noir et blanc : la couleur fut aussi un véritable terrain d’expérimentation pour les designers et les artistes du XXᵉ siècle.

En octobre, le rose s’affiche partout. Avec Octobre Rose, cette couleur est devenue un symbole immédiatement reconnaissable. Une simple couleur peut ainsi évoquer une cause, transmettre un message et provoquer une émotion.

Mais pourquoi certaines couleurs prennent-elles une signification particulière ? Et surtout, Notre manière de percevoir et d’utiliser les couleurs a-t-elle toujours été la même ?

Nous associons spontanément certaines couleurs à des idées ou à des émotions.

Le rouge peut évoquer le danger, l’énergie ou la passion. Le vert nous fait aujourd’hui penser à la nature et à l’écologie. Le bleu peut suggérer le calme, la confiance ou encore l’univers institutionnel.

Pourtant, ces associations ne sont ni universelles ni immuables. Elles évoluent selon les époques et les sociétés.

La couleur n’est donc pas seulement une question de goût. Dans le design, elle peut attirer notre attention, organiser une information, modifier notre perception d’une forme ou créer une ambiance. Elle devient alors un véritable outil de conception.

Quand nous parlons modernité, nous pensons souvent à des espaces blancs, à des objets métalliques, à des surfaces noires ou grises. La modernité semble presque avoir perdu ses couleurs.

Pourtant, cette image est assez paradoxale. Car au début du XXᵉ siècle, les mouvements modernes ont fait de la couleur un véritable terrain d’expérimentation.

Le Bauhaus en est un exemple particulièrement intéressant.

Lorsque l’on pense au Bauhaus, on imagine souvent des formes géométriques, du métal, du verre, des murs blancs et quelques touches de couleurs primaires.

Cette image n’est pas complètement fausse. Mais elle ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Dans les premières années de l’école, à Weimar, la couleur occupe une place importante dans l’enseignement et dans les recherches de plusieurs artistes.

Johannes Itten développe ainsi une véritable pédagogie de la couleur. Wassily Kandinsky et Paul Klee s’intéressent eux aussi aux relations entre couleurs, formes et perception.

La couleur devient un terrain d’expérimentation.

Il ne s’agit plus simplement de choisir une couleur parce qu’elle est agréable. Il s’agit de comprendre comment les couleurs fonctionnent entre elles, comment nous les percevons et comment elles peuvent participer à la construction d’une forme ou d’un objet.

Le Bauhaus n’est donc pas né en noir et blanc.

L’exemple du Bauhaus nous rappelle que nos choix de couleurs ne sont jamais totalement neutres.

Une couleur peut être liée à une théorie artistique, à une innovation technique ou à une évolution des goûts. Au XIXᵉ siècle, par exemple, l’apparition des premiers colorants synthétiques rend certaines couleurs plus faciles et moins coûteuses à produire. Le fameux mauve de Perkin, découvert en 1856, connaît ainsi un immense succès dans la mode.

C’est ce qui rend l’histoire du design passionnante : derrière une couleur, une forme ou un objet apparemment familier se cachent souvent des idées que l’on ne soupçonnait pas.

Agnès de B.A.D design français décrypte l’histoire du design et de l’architecture.

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